Bertrand Kern, l’interview

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Leïla Bedja

43 ans, Pantinoise de naissance

Les Pantinois vous connaissent bien et beaucoup se posent la question : êtes-vous candidat aux municipales de mars ?
Bertrand Kern :
Je consacre presque tout mon temps et mon énergie à Pantin. J’ai laissé de côté ma vie professionnelle, parfois c’est ma vie familiale qui passe au second plan. Avec ma femme, c’est à Pantin que nous avons donné naissance à notre fille qui a maintenant 14 ans et a toujours eu comme père le maire de la ville. Ce n’est pas simple au quotidien quand le débat politique tend à la polémique systématique et aux invectives. J’ai voulu prendre le temps de bien peser ma décision. Je suis fier du travail accompli. Nous avons transformé cette ville. Pantin est connue désormais pour être une ville agréable, innovante, sociale, humaine, participative… Et elle n’a rien perdu de son identité populaire ! J’accueille à bras ouverts les nouveaux habitants et fais tout pour que ceux qui habitent notre ville depuis des années s’y sentent de mieux en mieux. Mais je ne suis pas du genre à regarder le chemin parcouru et à m’en contenter. Ces derniers mois, plus je réfléchissais, plus j’avais des projets nouveaux à proposer aux Pantinois ! Alors oui, je serai candidat le 15 mars.

Sarah Degiovani

36 ans, Pantinoise depuis 4 ans

Si vous êtes élu, ce sera votre quatrième mandat. Pourquoi continuer ?
Bertrand Kern :
Quatre mandats, c’est le temps qu’il faut pour mener à bien la mutation d’une ville telle que Pantin. Le temps de l’action publique est un temps long. Entre le moment où on dit « cet immeuble est vétuste, il faut le détruire et reconstruire », et le moment où on inaugure son remplaçant, il s’est passé de 10 à 15 ans. C’est frustrant, mais c’est une réalité. Etre maire, c’est avoir de l’énergie et de la persévérance. C’est aussi aimer sa ville et ses habitants. J’ai toujours autant d’enthousiasme mais, je m’y engage, ce sera mon dernier mandat.

Nadia Azoug

55 ans, Conseillère municipale EELV, Pantinoise depuis 34 ans

Quel homme de gauche êtes-vous ?
Bertrand Kern :
Mes convictions n’ont pas changé. Je suis épris de justice sociale, je fais attention aux plus modestes, je suis attaché à la liberté, l’égalité, l’humanisme, la laïcité. Toutes ces valeurs sont profondément ancrées en moi. Je suis un homme de gauche, un socialiste, je n’en ai pas honte.Mais cela ne m’empêche pas d’être critique : sur l’action du gouvernement Hollande d’abord ; et sur la difficulté du PS, comme tous les partis de gauche, à reconsidérer son projet politique pour répondre aux contraintes et aux aspirations nouvelles. Ces élections municipales sont cruciales pour l’avenir de la gauche. J’ai la conviction que c’est au niveau local qu’on peut et qu’on doit être capable d’innover, tant dans les méthodes que dans les projets. Pour Pantin, j’ai l’ambition de réunir toutes les énergies qu’elles soient associatives, sociales, écologiques, citoyennes et politiques. Dans ce cadre, je suis heureux d’accueillir Europe-Ecologie-Les-Verts sur la liste que je mènerai.

Belka Kheder

65 ans, fondateur du restaurant d’insertion Le Relais, travaille à Pantin depuis 30 ans

On dit parfois que Pantin est le « Brooklyn » parisien. La ville s’est-elle embourgeoisée ?
Bertrand Kern :
Pantin n’est pas Brooklyn. La réalité, c’est que Pantin est la 17e ville la plus pauvre de France sur les 421 villes de plus de 20 000 habitants. Il est vrai que Pantin attire une nouvelle population. Pour la grande majorité, celle-ci appartient à la classe moyenne. Ces nouveaux Pantinois apportent leur dynamisme et ils participent à l’équilibre de la ville en lui rendant une diversité qu’elle avait tendance à perdre. Est-ce que Pantin est devenue « la ville des bobos », comme certains le disent ? Je ne crois pas et je n’aime pas stigmatiser. Les nouveaux habitants sont des familles qui veulent un peu plus d’espace pour eux et leurs enfants et qui sont attirés par le mode de développement de la ville, par un urbanisme qui n’est pas agressif, par la place donnée à la culture… Je suis contre tous les ghettos. Je ne veux ni d’un ghetto de riches ni d’un ghetto de pauvres. Une ville, c’est un corps social, vivant, multiple, des gens en souffrance et des gens qui vont bien, et toutes ces personnes doivent vivre ensemble, dans le respect et l’entraide. C’est un mix globalement harmonieux où la diversité est peut-être justement ce qui nous lie le plus. C’est de cette ville là dont je suis maire et pas d’une autre.

Maxime Daudé

20 ans, Pantinois depuis 18 ans

Concrètement, qu’avez-vous à proposer pour l’avenir ?
Bertrand Kern :
Le social, l’écologie, la citoyenneté : mon programme va reposer sur ces trois piliers. J’ai des idées fortes pour n’oublier personne dans la ville : aider les jeunes à se lancer avec confiance dans la vie, aider les seniors à y conserver toute leur place, mieux accompagner les familles au quotidien.Je suis convaincu des enjeux climatiques : je veux continuer à mettre de la nature en ville et la rendre plus respirable. Et toutes ces idées vont venir s’enrichir de celles des Pantinois. D’ici mi-février, je vais proposer 6 rencontres thématiques ouvertes à tous les habitants. Elles auront lieu dans un bar, un restaurant, des lieux du quotidien : je veux que chacun puisse se sentir à l’aise et ose participer. Mon programme sera coconstruit et dessinera les contours de la ville en laquelle nous sommes beaucoup à croire dans l’est parisien : ouverte, diverse, inclusive, responsable, créative. Une ville profondément humaine, participative et écologique.